L’Homme à la longue barbe Précis sur la vie et les aventures de Chodruc Duclos par EDOUARD D'ELICAGARAY

Titre de livre : L’Homme à la longue barbe Précis sur la vie et les aventures de Chodruc Duclos
Date de sortie : October 12, 2016
Auteur : EDOUARD D'ELICAGARAY
Broché : 38
L’Homme à la longue barbe Précis sur la vie  et  les aventures de Chodruc Duclos par EDOUARD D'ELICAGARAY

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EDOUARD D'ELICAGARAY avec L’Homme à la longue barbe Précis sur la vie et les aventures de Chodruc Duclos

Duclos, surnommé le Diogène moderne, naquit à Bordeaux, de parens riches. Fils unique d’un notaire et petit-fils d’un capitaine de navires, une exaltation singulière fut à-peu-près le seul héritage que son père lui transmit avec le sang. Sa mère, à cette époque désastreuse où les liens de la nature étaient si fragiles, n’était pas idolâtre de son mari ; et si notre héros dut l’existence au hasard de leur union, une séparation conjugale de corps et de biens ne tarda pas à lui ravir les soins maternels. M. Duclos père s’étant retiré avec ses sœurs dans une propriété située à une lieue de la Réole, l’éducation de notre héros fut dès-lors confiée aux lumières de son oncle, curé de ce pays ; mais il n’y séjourna pas long-temps, car madame Duclos, dont les sentimens comme mère étaient en raison inverse de ses sentimens comme épouse, arracha son fils de dessous l’aile évangélique de son oncle le curé, l’amena chez elle à Bordeaux, l’imbut des principes d’un royalisme outré, enracina ces principes à l’aide d’images, et échauffa par degrés une jeune imagination, qu’elle sut ainsi conquérir à la cause de la légitimité, jusqu’au moment où les armées républicaines formèrent le siége de Lyon.

CHAPITRE II.

Siége de Lyon.

C’est ici que commence l’histoire de cet homme extraordinaire. Les germes semés dans son cœur y avaient fermenté, et avaient ensuite laissé faire au temps, prêts à jaillir et à pousser des jets vigoureux.
L’étincelle qui devait embraser cette âme ardente partit des murs de Lyon, du foyer même de la révolte… La république s’avançait pour la châtier. Le jeune illuminé bondit à cette nouvelle, franchit le seuil de la maison maternelle, ne se retourna pas pour y jeter un dernier regard, entra dans Lyon, s’y enrôla sous les drapeaux du général Précy, combattit avec les Allobroges contre lesBleus, et signala son apprentissage des armes par des prodiges de bravoure.
Subissant comme ses frères le sort des vaincus, les Bleus l’enfermèrent momentanément dans un corps-de-garde : mais une dame royaliste, qui connaissait le capitaine de ronde, lui recommanda le jeune héros ; et au moment où celui-ci rêvait déjà peut-être aux moyens de se soustraire au châtiment inévitable qui l’attendait, il voit tout-à-coup tomber à ses pieds le manteau du capitaine, s’en empare, s’en enveloppe, suit les vainqueurs : il est sauvé.
CHAPITRE III.

Séjour à Bordeaux.

Il revint alors auprès de sa mère. Une réputation de bravoure l’avait précédé à Bordeaux ; il la justifia bientôt et valut autant qu’elle. Il se déclara le champion du faible et de l’opprimé ; et comme il se lia avec les jeunes héritiers des premières familles du pays, ils purent sous son égide afficher impunément l’insolence et la fatuité.
Aussi beau que brave, on n’appelait Duclos que le Superbe. La fortune de sa mère et celle d’une dame qu’il eut pour maîtresse, lui laissant la facilité d’aller de pair avec tout ce qu’il y avait de plus riche à Bordeaux, il donna bientôt le ton à toute la ville. Son budget pour le compte du tailleur seulement se montait à dix-huit cents francs par mois. Il changeait de linge deux ou trois fois par jour ; et pour offrir une idée encore plus juste du taux auquel s’élevait sa dépense, il se servait de mouchoirs de Madras de quarante et cinquante francs, en guise de crochets de bottes.
C’est ainsi qu’il se maintenait toujours digne du nom de Superbe, qu’on lui avait unanimement décerné ; et c’est à la faveur de ce nom, qu’il savait soutenir, qu’il préluda aux conquêtes les plus capables de flatter son amour-propre. Aussi fut-il, dans cette période de sa vie, l’épouvantail et la terreur des maris par sa force de corps extraordinaire et son adresse dans les armes, et le favori des dames, qu’il se captiva toujours par les manières les plus brillantes, le son de voix le plus mélodieux, la proportion et la beauté de ses formes et le feu de ses regards.

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